La Légion d’honneur est une institution française qui, placée sous la responsabilité du grand chancelier et du grand maître, décerne la plus prestigieuse distinction honorifique du pays. Créée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, elle récompense depuis ses débuts les militaires et les civils ayant accompli des « services éminents » au profit de la nation.
Environ un million de personnes ont reçu cette distinction depuis sa création
Histoire
Restauration et Monarchie de Juillet (1814-1848)
Après la chute de Napoléon, Louis XVIII maintient la Légion d’honneur, mais en modifie les symboles : l’effigie de Napoléon est remplacée par celle d’Henri IV, et la couronne impériale par une couronne royale. Sous la Monarchie de Juillet, les symboles évoluent à nouveau, reflétant les changements politiques de la France.
Second Empire (1852-1870)
Avec l’avènement de Napoléon III, la Légion d’honneur retrouve des symboles impériaux. Elle continue de récompenser les mérites civils et militaires, et sa distribution s’étend, notamment aux artistes et aux scientifiques.
Troisième République (1870-1940)
Après la chute du Second Empire, la Troisième République conserve la Légion d’honneur, en adaptant ses symboles républicains. Durant cette période, la décoration est largement attribuée, notamment pendant la Première Guerre mondiale, où de nombreux soldats et civils sont honorés pour leur bravoure et leur dévouement.
Période contemporaine
La Légion d’honneur traverse les régimes politiques successifs, conservant son prestige et son rôle de reconnaissance des mérites individuels. Elle est aujourd’hui composée de plusieurs grades : chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix. Les nominations sont faites par décret du président de la République, grand maître de l’ordre.
Depuis sa création, la Légion d’honneur a récompensé environ un million de personnes, et en 2016, elle comptait 93 000 membres vivants. Elle demeure un symbole fort de la reconnaissance de la nation envers ceux qui la servent avec distinction.
Les grades
Chevalier
Pour être admis au grade de chevalier, il faut justifier de services publics ou d’activités professionnelles d’une durée minimum de vingt années, assortis dans l’un et l’autre cas de mérites éminents


Officier
Ne peuvent être promus aux grades d’officier que les chevaliers comptant au minimum huit ans dans leur grade et justifiant de titres de la qualité requise acquis postérieurement à l’accession audit grade


Commandeur
Ne peuvent être promus aux grades de commandeur que les officiers comptant au minimum cinq ans dans leur grade et justifiant de titres de la qualité requise acquis postérieurement à l’accession audit grade



Dispositions particulières
En temps de guerre, les actions héroïques ou les blessures graves peuvent dispenser des conditions habituelles pour être admis ou promu dans la Légion d’honneur. Le Premier ministre peut, par délégation du président de la République, attribuer cette distinction à titre posthume ou aux personnes blessées dans l’exercice de leur devoir.
Depuis un décret de novembre 2008, des nominations directes aux grades supérieurs d’officier, de commandeur ou de grand officier sont possibles pour récompenser des carrières d’exception. Simone Veil a été la première à bénéficier de cette mesure en janvier 2009. Cette nomination directe est également utilisée pour honorer des personnalités étrangères selon leur rang protocolaire, comme le prince Albert de Monaco, élevé directement au grade de grand officier.
Le décret de 2008 prévoit également que les anciens Premiers ministres ayant exercé au moins deux ans obtiennent automatiquement la dignité de grand officier. Une attribution presque automatique s’applique aussi aux anciens ministres, parlementaires, préfets, magistrats, ambassadeurs et hauts fonctionnaires, mais uniquement après la fin de leurs fonctions.
Une promotion spéciale est réservée aux médaillés d’or olympiques. Les nominations concernent principalement les forces armées (environ un tiers des places), ainsi que les policiers, pompiers, élus, fonctionnaires, avocats et représentants religieux.
Description de la médaille
Médaille contemporaine
L’insigne de la Légion d’honneur est une étoile à cinq branches doubles émaillées de blanc, inspirée de la croix de l’ordre du Saint-Esprit. Les chevaliers portent une étoile en argent, tandis que celle des officiers, commandeurs, grands officiers et grands-croix est en vermeil, avec des différences selon les grades. Les branches de l’étoile sont reliées par une couronne de feuilles de chêne et de laurier émaillée de vert.
Le centre de l’insigne présente un médaillon en or avec la tête de Cérès symbolisant la République, entourée de l’inscription « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ». Le revers du médaillon porte deux drapeaux tricolores et la devise « HONNEUR ET PATRIE », ainsi que la date de création de l’ordre, « 29 FLORÉAL AN X ».
L’insigne est suspendu à un ruban rouge, hérité de l’ordre militaire de Saint-Louis. Ce ruban comporte une rosette rouge pour les officiers. Le modèle des commandeurs est plus grand et se porte en cravate autour du cou. Les grands officiers portent une plaque sur le côté droit de la poitrine, tandis que les grands-croix portent une plaque en vermeil sur le côté gauche, ainsi qu’une croix en écharpe, suspendue à un large ruban rouge passant sur l’épaule droite.

En tenue civile, le port de l’insigne varie selon les grades :
Les chevaliers arborent un simple ruban rouge à la boutonnière.
Les officiers portent une rosette rouge.
Les commandeurs, grands officiers et grands-croix portent une rosette rouge agrémentée d’un demi-nœud en argent ou en or, appelé familièrement « canapé ».
Durant le 1er et le 2nd Empire (1804-1815 et 1852-1870)
La tête de Cérès (face actuelle) est remplacée par le portrait de Napoléon 1er entouré de la mention « NAPOLEON EMP. DES FRANCAIS ».
Les drapeaux sont, quant à eux, remplacés par un aigle entouré de la mention « HONNEUR ET PATRIE »
L’étoile n’était pas suspendue à une couronne de feuille mais à une couronne dite « impériale »

Durant la Restauration et la monarchie de juillet (1815-1848)
La tête de Cérès (face actuelle) est remplacée par le portrait d’Henri IV entouré de la mention « HENRI IV » ou « HENRI IV ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE ».
Durant la Restauration, seul 3 fleurs de lys sont présentes entourées de la mention « HONNEUR ET PATRIE ». Les drapeaux sont laissés lors de la monarchie de Juillet (comme la médaille actuelle) avec une mention « HONNEUR ET PATRIE.
L’étoile n’était pas suspendue à une couronne de feuille mais à une couronne dite « royale »

Médaille de la Légion d’honneur sous la Restauration (1815-1830)


Médaille de la Légion d’Honneur sous la monarchie de Juillet (1830-1848)
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