
Le château de la Durantie, situé à Lanouaille, a été construit entre 1843 et 1845 par l’architecte Regnault. Il a notamment été la maison de famille de Guy Vidal de Lausun.
Les origines : la vision de Thomas Robert Bugeaud

Thomas Robert Bugeaud de La Piconnerie (1784-1849) a grandi en Dordogne avant d’entamer une carrière militaire sous Napoléon. Après avoir combattu lors des campagnes de Prusse, de Pologne et d’Espagne, il quitte l’armée en 1815 pour se consacrer à la révolution agricole. Il fonde une ferme expérimentale à Plaisance, à un kilomètre de la future Durantie, mettant en place des techniques agricoles novatrices. Il joue un rôle clé dans la création des chambres d’agriculture et des comices agricoles.
En 1830, sa carrière politique débute : il est député de la Dordogne, puis Gouverneur Général de l’Algérie en 1840. Promu Maréchal de France en 1843, il reçoit le titre de Duc d’Isly après sa victoire contre le sultan du Maroc. Malgré ces succès militaires, son attachement à la terre reste intact.
En 1843, il charge l’architecte Regnault de construire le château de La Durantie. Construit avec des pierres des carrières d’Excideuil, l’édifice impose sa stature avec des murs d’un mètre d’épaisseur. Ce chantier, qui dure deux ans, le ruine financièrement, mais il reste jusqu’à sa mort un fervent défenseur des avancées agricoles.
Les successions : de la famille Bugeaud aux Vidal de Lausun
En 1868, Madame Bugeaud vend la propriété à Monsieur Wallon. Un changement de propriétaire s’opère ensuite en 1922 lorsque Maurice Vidal de Lausun acquiert le château pour faire plaisir à son épouse Marguerite Lachaud de Loqueyssie. Cette dernière avait renoncé au profit de sa sœur pour un autre domaine, le château de Redon. Maurice achète alors La Durantie, comprenant le château, le parc, les dépendances, la ferme et ses 450 hectares de terres.


Son fils Guy reprend la propriété dans les années suivantes. En 1927, il épouse Lucile Bezard-Falgas, avec qui il a trois enfants : Françoise, Roger et Ghislaine. Après le décès de Lucile en 1941, il se remarie en 1945 avec sa cousine Marguerite Bezard-Falgas.
Les transformations du domaine agricole
Initialement consacré à l’élevage bovin, La Durantie connaît une transformation radicale sous la gestion de Guy et son fils Roger. Le domaine se spécialise dans l’exploitation fruitière haut de gamme, notamment les pommiers et poiriers. Une station fruitière y est implantée pour conserver la récolte jusqu’au printemps, permettant ainsi un meilleur positionnement sur le marché, en France comme à l’exportation.
Parallèlement, la propriété devient un lieu de vacances familial où « Mamita » et ses proches profitent de la liberté qu’offre le domaine. Toutefois, Roger décide de quitter le monde agricole, et les terres sont vendues. En 1982, la maison elle-même change de mains.
Guy décède en 1990, quelques années avant son épouse.
Un château au cœur de l’actualité et des événements modernes
Avec le temps, le château de la Durantie évolue pour devenir un lieu prisé pour l’organisation d’événements et de mariages. Plus de 450 unions y ont été célébrées, attirant une clientèle en quête d’un cadre élégant et authentique. Le domaine s’étend sur 1400 m² de luxe, avec des chambres élégamment décorées, des salles de bains en marbre, une piscine chauffée, un court de tennis et d’autres installations de loisirs.

Cependant, le château a aussi connu des heures sombres. En 2016, il est le théâtre d’un braquage spectaculaire où les propriétaires et leurs invités sont menacés par des individus armés. Les malfaiteurs, dont un ancien membre des forces spéciales britanniques, sont arrêtés en 2017.
Références
- Livre sur la Durantie, envoyé par Jean-Ghislain Neveux
- Le château de la Durantie à Lanouaille – Périgord vert, Périgord et alentours
- Dordogne : braquage spectaculaire au château La Durantie, à Lanouaille, Franceinfo
- La Durantie de Lanouaille, centerblog
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