Madeleine Baulant

Madeleine Amandine Camille Baulant, née le 30 novembre 1910 à Chartres et morte le 4 novembre 1993 à Chartres, était la femme de Pierre Doré.

Biographie

Madeleine Baulant est née le 30 novembre 1910 à Chartres, rue des Grenets. Ses parents sont Louis Baulant et Eugénie Védie.

Acte de naissance de Madeleine Baulant, Archives départementales d’Eure-et-Loire

Madeleine s’est unie à Pierre Doré le 6 novembre 1933 à la Chapelle Sainte Jeanne d’Arc de Chartres.

Faire-parts de mariage de Pierre et Madeleine Doré

Il y est écrit : « En raison de leur grand deuil la bénédiction nuptiale leur a été donnée dans l’intimité le 9 octobre 1933 en la Chapelle Ste Jeanne d’Arc ». En effet, cela est probablement du à la mort du père de Pierre, Henri Doré, survenue en février 1933.

Photo du mariage de Pierre Doré et Madeleine Baulant

Ils ont eu ensemble 7 enfants :

  • Francis Doré (07/09/1934) marié à Marie-Hélène Fruchard
  • Yves Doré marié à Solange Fagnier
  • Bruno Doré marié à Elisabeth Mauger
  • Xavier Doré marié à Chantal Hue
  • Marie-Hélène Doré mariée à Jacques Fruchard
  • Jean-Louis Doré marié à Catherine Fabreguette
  • Brigitte Doré mariée à Pierre Courjaret

Photos des enfants Doré vers 1951 au 57 rue du Dr Maunoury, archives de Bruno Doré

La lettre suivante écrite par Madeleine Doré en 1937 et issue d’un recueil de lettres récupérées par Yves Doré puis données à son frère Francis pour ses 30 ans de mariage, montre à quel point leur famille était soudée. En voici quelques extraits :

« Ce matin j’ai passé 1h à lui (Francis) rehausser ses pédales avec des petits morceaux de bois puis à 10h ½ je l’ai emmené sur la digue. Au début il ne voulait pas monter car c’est un peu moins stable que son tricycle et je regrettais presque mon achat mais au bout d’une ½ h il était habitué. Une fois il est même parti comme presque jusqu’au port et j’ai du prendre la bicyclette de Marcelle pour le rattraper.

[…]

Embrasse mon petit Yves et garde pour toi de gros baisers de Poupoune qui t’attend samedi avec impatience. »

Cliquez ici pour voir cette lettre entièrement

« Mon chéri,

              Il fait un vent frais et je t’écris devant une mer superbe.

              Merci de ton petit mot, je vois que votre retour s’est bien passé mais que tu as trouvé beaucoup de travail. Tu ne me donnes pas de nouvelles de Poly. Est-il sage ?

              Je t’ai raconté ma journée de mardi. Hier matin … à St Pierre passer la journée. On nous avait invités à venir nous baigner et jouer au tennis. Avant de partir j’étais allé avec Francis essayer des bicyclettes que j’avais vues la veille. Il y en avait une petite, de garçon, très forte, qui … lui servir longtemps et coûtait 139… Je me suis décidée à la lui acheter, ce sera son cadeau pour ses 3 ans. Ensuite à 11h ½ avec les 2 marmots (?) nos costumes de bains, raquettes, etc… Nous avons pris le car pour St Pierre en Port ( ?).

              Ils s’étaient baignés le matin, ils trouvaient que la marée était plus agréable et le tennis avait été arrosé et on ne pouvait s’en servir pendant 2 jours. Si bien que la journée s’est passée à aller Chalet et chez Simone. Jacques et Francis se sont très bien comportés. Tous les gens qui ne connaissaient pas Francis ont trouvé qu’il faisait très garçon pour son âge. Le soir M. Biclet (?) et Maly nous ont ramené.

              Après diner nous sommes allés à La Baule. Je pense que tu avais du voir ta fameuse masseuse dans l’après-midi car nous avons eu une veine formidable. Mari a gagné 45 t moi 50 et Guy 15.

              Une autre soirée comme celle-là et j’aurais gagné la bicyclette de Francis. C’est bien la 1ère fois que cela nous arrive.

Ce matin j’ai passé 1h à lui rehausser ses pédales avec des petits morceaux de bois puis à 10h ½ je l’ai emmené sur la digue. Au début il ne voulait pas monter car c’est un peu moins stable que son tricycle et je regrettais presque mon achat mais au bout d’une ½ h il était habitué. Une fois il est même parti comme presque jusqu’au port et j’ai du prendre la bicyclette de Marcelle pour le rattraper. Ensuite il voulait faire du cheval sur le rebord de la digue. Il faut beaucoup le surveiller et je crois que lorsqu’il aura 5 ans ce sera un diable.

              Enfin il a passé 2h fouetté par le vent et il s’est endormi à table. C’est la vie qui te plait : au grand air. Comme nous ne pouvons jouer au tennis à cause du vent nous pensons aller vers 4h à Froberville (7 heures) voir une femme dont Marcelle s’occupe.

              Remercie bien tout le monde de leurs bons vœux de fête. Je n’écris pas à la Graffe, embrasse-les pour nous.

              Dis à Marg. que Marc fait le nécessaire pour la bourse ( ?) et qu’elle veut du pot de grès mais à la condition de ne pas vous embarrasser.

Je ne vous récrirais pas avant samedi. Installez bien Papa, mettez-lui quelques coussins que le voyage ne le fatigue pas. J’espère que d’ici là me vent va se calmer. Je le crois car le baromètre le montre.

              Embrasse mon petit Yves et garde pour toi de gros baisers de Poupoune qui t’attend samedi avec impatience. »

Ils ont ensuite décidé d’acheter une grande maison à Houlgate à deux pas de la mer afin de loger toute leur famille. On peut y voir Pierre et Madeleine au centre avec leurs enfants, gendres et petits-enfants.

Cette maison qui rassemblait a ensuite donné lieu à une fête de famille chaque année à Buthiers, Chartres puis Angers qui regroupait tous les descendants de Pierre et Madeleine Doré.

Voici ici Madeleine Doré et Jane Fruchard

Madeleine est décédée le 4 novembre 1993 à Chartres. Elle est enterrée avec son mari et son frère Maurice.

Vues de la tombre Baulant-Doré, cimetière Saint-Chéron de Chartres

Pendant la Guerre

Dès les premiers jours du conflit, son mari, inquiet pour sa sécurité et celle de leurs enfants, lui recommande de se réfugier à La Baule ou, à défaut, à Bonneval. Fragile de santé, elle devait pourtant gérer seule la vie quotidienne en l’absence de Pierre, tout en veillant sur leurs sept enfants. Pendant l’Occupation, leur appartement de la rue du Dr Maunoury à Chartres fut réquisitionné successivement par l’armée allemande puis par les Américains en 1944, les forçant à trouver refuge ailleurs. Ses enfants, éloignés à Berchères-les-Pierres, lui écrivaient des lettres témoignant de l’épreuve qu’ils traversaient. Malgré les privations et les restrictions, Madeleine a su maintenir un semblant de normalité pour sa famille, affrontant avec dignité les épreuves de la guerre.

Madeleine a reçu également des lettres de ses enfants, en voici une écrite par Francis et Yves Doré, deux de ses enfants. Les enfants Doré étaient logés dans le presbytère de Berchères les Pierres. (Il est d’ailleurs marqué en haut par Pierre 30 juillet, 1 août fréquents bombardement sur Chartres).


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