Joseph Louis Victor Greiner, né le 16 mai 1773 à Strasbourg, est un militaire français dont la carrière remarquable s’étend de la Révolution française jusqu’à la Restauration. Ses parents sont Joseph Greiner et Marguerite Richard. Son père était brasseur (Joseph a créé la brasserie Gangloff de Besançon). Il a été marié à Anne-Flore Lamy. Il n’a eu qu’une fille : Joséphine Anne Barbe.
Débuts militaires et Guerre de la Révolution

Issu d’une famille alsacienne, Greiner s’engage dans l’armée le 27 décembre 1789, à l’âge de 16 ans, comme canonnier dans le régiment d’artillerie de Metz (qui deviendra le 2e régiment d’artillerie à pied en 1791). En mai 1792, il est affecté au 1er régiment d’artillerie à cheval pour servir à l’armée du Rhin. Il se distingue rapidement par son courage et ses compétences, ce qui lui vaut d’être promu fourrier le 23 janvier 1793, puis maréchal-des-logis le 20 messidor an II (8 juillet 1794)
Greiner participe activement aux campagnes révolutionnaires, notamment au sein des armées des Pyrénées-Occidentales et du Rhin, de l’an III (1794-1795) à l’an VI (1797-1798). Au cours de ces campagnes, il gravit les échelons, devenant maréchal-des-logis-chef le 15 germinal an III (4 avril 1795), puis lieutenant en second le 30 floréal an IV (19 mai 1796).
Campagne d’Egypte et distinctions militaires
En l’an VI (mai 1798), Greiner embarque à Toulon pour participer à l’expédition d’Égypte sous les ordres de Napoléon Bonaparte. Il se distingue dans les batailles emblématiques de cette campagne, dont celles des Pyramides, de Saint-Jean-d’Acre et d’Aboukir.

Ses performances en Égypte lui valent une série de promotions : il est nommé lieutenant en premier le 29 floréal an VII (18 mai 1799), capitaine en second le 27 floréal an VIII (17 mai 1800), puis capitaine en premier le 3e jour complémentaire an IX (19 septembre 1801).

Suite à la capitulation d’Alexandrie, Greiner rentre en France, où il est intégré dans l’artillerie à cheval de la garde des consuls en tant que capitaine-adjudant-major par arrêté du 1er ventôse an X (19 février 1802). La Garde des consuls, créée en 1799, assurait la protection des consuls puis du Premier consul Napoléon Bonaparte. Composée d’infanterie, de cavalerie, et d’artillerie, elle recrutait des soldats expérimentés et imposait des conditions strictes, comme la taille minimale et les distinctions militaires. La Garde joua un rôle important lors de batailles, notamment à Marengo en 1800, où elle démontra sa bravoure.
Elle fut intégrée à la Garde impériale et deviendra l’artillerie à cheval de la garde impériale en l’an XII (1804), au moment où il est décoré de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII (14 juin 1804). En fin d’année, il est promu chef d’escadron le 4e jour complémentaire an XIII (21 septembre 1805). C’était un personnage atypique dans le régiment, le général Jean-François Boulart aurait écrit : « Le chef d’escadron Greiner, surnommé le beau Greiner. C’était en effet un bel homme portant beau, ayant l’air très content de sa personne, souvent ennuyé et presque toujours ennuyeux, d’une susceptibilité facile à chatouiller, mais très bon camarde et fort obligeant. » [6]

Les campagnes de l’Empire
Greiner participe aux campagnes militaires de l’Empire en Autriche, Prusse et Pologne, de l’an XIV (1805) à 1807, puis il rejoint l’Empereur en Espagne en 1808. Lors de la campagne d’Autriche, il se distingue particulièrement à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809, où il est grièvement blessé, perdant son bras droit.

En reconnaissance de son héroïsme, il est promu colonel directeur de l’artillerie de la ligne et devient officier de la Légion d’honneur le 9 juillet 1809.
Par décret du 13 août 1809, Napoléon lui confère le titre de baron de l’Empire.
Défenseur de Paris sous la Restauration et commandement de l’Ecole Polytechnique
Après ses brillants services sous l’Empire, Greiner est nommé le 25 janvier 1810 commandant du bataillon de l’École polytechnique. Le 25 janvier 1814, dans le contexte de la défense de Paris, Napoléon lui confie la responsabilité des compagnies d’artillerie de l’École, qu’il organise pour défendre les barrières de la ville. Le 26 mars 1814, il est désigné commandant en chef de l’artillerie de la garde nationale de Paris.
Avec la chute de Napoléon et l’instauration de la monarchie restaurée, Greiner reçoit la croix de chevalier de Saint-Louis le 14 septembre 1814 et devient commandeur de la Légion d’honneur le 6 janvier 1815. Pendant les Cent-Jours, il reprend du service en commandant de nouveau l’artillerie de l’École polytechnique et de la garde nationale de Paris. Après la défaite finale de Napoléon, il est mis à la retraite par ordonnance le 6 juillet 1816.

Dernières années et carrière sous Louis-Philippe

Bien que retiré de la vie militaire, Joseph Greiner demande en 1830 à être réintégré et est nommé par le roi Louis-Philippe au poste de commandant de la place de Vincennes le 31 août 1830. Il occupe cette fonction jusqu’au 20 avril 1836, date à laquelle il prend sa retraite définitive.
Joseph Louis Victor Greiner décède à Versailles le 21 septembre 1838. Il laisse un héritage durable, ayant servi la France dans ses plus grands conflits, de la Révolution aux dernières heures de l’Empire, et même durant la Restauration. Sa carrière, marquée par des distinctions telles que la Légion d’honneur et le titre de baron, témoigne de sa fidélité aux idéaux de la Révolution et de l’Empire.
Obtention du titre de baron et blason
Origine du titre
Le titre de Baron est donné par Napoléon 1er par décret le 13 août 1809. Cette décision est justifiée par les « services rendus à l’état et à Nous. »
Description du document suivant : c’est par une lettre patente (document rédigé par un souverain) que Joseph Louis Victor Greiner devient officiellement le Baron Greiner. On peut-voir ci-après qu’elle est divisée en plusieurs parties. On rappelle tout d’abord dans quels cas offrir un titre de noblesse et pourquoi Greiner en est digne, avec le rappel de ses faits militaires. La description du blason (détaillée ci-dessous) et la signature de Napoléon concluent ce document.
On peut également voir une zone de texte en bas à droite qui atteste de la transmission du titre de Joseph Greiner à Alexandre Eugène Neveux.

Origine et description du blason
Comme expliqué précédemment, Joseph Greiner perd son bras droit à la bataille de Wagram en 1809. C’est à partir de cela que Greiner créera son blason.

Coupé : le premier, parti d’azur au cheval libre d’or, au comble du second chargé d’un tube de canon en fasce de sable, et de gueules au signe des barons tirés de l’armée ; le deuxième, d’argent au dextrochère coupé à l’épaule, ensanglanté au naturel, rebrassé d’azur à quatre chevrons d’or sur le parement, armé d’un sabre recourbé de sable et surmonté d’un boulet du même. Livrées : les couleurs de l’écu.
Blason Greiner
Cette description peu compréhensible nécessite quelques explications :
Le blason est divisé en deux parties principales (coupé signifie qu’il est divisé horizontalement en deux)
- Le premier coupé est lui-même divisé verticalement en deux parties (parti) :
- À gauche (d’azur au cheval libre d’or) : Un fond bleu (azur) avec un cheval doré (or) représenté en liberté, c’est-à-dire sans bride ni selle.
- En haut de cette partie (au comble du second chargé d’un tube de canon en fasce de sable) : Une bande horizontale (comble) de couleur rouge (du second) portant un tube de canon noir (de sable) placé à l’horizontale (en fasce).
- À droite (de gueules au signe des barons tirés de l’armée) : Un fond rouge (gueules) sur lequel figure le signe distinctif des barons ayant servi dans l’armée. Il est habituellement représenté par une épée dressée ou un symbole militaire.
2. Le deuxième coupé
- D’argent (fond blanc ou argenté) au dextrochère coupé à l’épaule : Un bras droit humain (dextrochère) coupé au niveau de l’épaule, avec des détails réalistes montrant qu’il est ensanglanté.
- Rebrassé d’azur : Le bras porte une manche de couleur bleue (azur) retournée au niveau du poignet.
- À quatre chevrons d’or sur le parement : représentent le grade de chef d’escadron.
- Armé d’un sabre recourbé de sable : Le bras tient un sabre incurvé de couleur noire (sable).
- Surmonté d’un boulet du même : Au-dessus du sabre se trouve un boulet de la même couleur noire.
3. Livrées
Les livrées (les couleurs utilisées dans les tenues de la famille ou dans d’autres représentations) sont les mêmes que celles qui figurent sur l’écu : bleu (azur), rouge (gueules), or (doré), noir (sable), et argenté (argent).
Port des chevalières

Les chevalières portées par les héritiers du baron Greiner reprennent le blason. Ce blason est surmonté d’une couronne. Les couronnes sont généralement placées au-dessus du blason de famille noble. Elle marque un statut supérieur par rapport au port d’un blason « classique ».
En réalité, même depuis l’Ancien Régime, des familles portaient la couronne. Le blason est à l’envers afin que lorsque le sceau est apposé, celui-ci soit à l’endroit.
La chevalière est généralement portée à l’annulaire gauche pour les hommes (en Angleterre c’est l’auriculaire gauche). En revanche, les femmes les portent toujours à l’auriculaire.
Concernant le sens : la chevalière peut se porter en baise-main (pointe de l’écu vers l’extrémité des doigts) ou en bagarre (pointe de l’écu vers l’intérieur de la main). L’usage voudrait que le baise-main soit réservé aux personnes célibataires.
Références
- Fastes de la Légion-d’honneur : biographie de tous les décorés, p.406
- Revue historique nobiliaire et biographique – Volume 8, p304
- Revue d’Alsace – Volume 34, p.120
- Strasbourg – Registres Paroissiaux (Avant 1793) – Paroisse catholique (Saint-Louis) (Avant 1793) – Registre de baptêmes 1767-1773, p191
- Registre des décès (1838). Table alphabétique.5E47Archives communales de Versailles, p160
- Léonore, Archives nationales
- Titre de baron, accordé par décret du 13 août 1809 , à Joseph, Louis, Victor Greiner. Compiègne (25 mars 1810).
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