
Claude Auguste Lamy, né le 15 juin 1820 à Ney et mort le 10 mars 1978 dans le 5ème arrondissement de Paris était un physicien et chimiste français, principalement reconnu pour la découverte du thallium en 1862. Il était également le gendre de Frédéric Kuhlmann, un chimiste et industriel français.
Jeunesse et formation
Né à Ney, dans le Jura, Lamy a poursuivi ses études secondaires à Poligny, Dole et Paris. En 1840, il intègre l’École Normale Supérieure, où il est condisciple de Louis Pasteur, et obtient son diplôme en 1842. En 1845, il réussit l’agrégation en physique et obtient une licence en sciences naturelles.

Carrière académique
Lamy commence sa carrière d’enseignant en 1848 en tant que professeur de physique à Lille, puis à Limoges, avant de revenir à Lille en 1852. En 1851, il soutient sa thèse de doctorat à Paris. En 1854, il est nommé professeur à la faculté des sciences de Lille, où il enseigne la thermodynamique, la physique industrielle, les presses hydrauliques, la distillation et les explosions. Il enseigne également à l’École des arts industriels et des mines de Lille (École centrale de Lille). En 1865, il succède à Anselme Payen en tant que professeur de chimie industrielle à l’École centrale des arts et manufactures à Paris.
Découverte du thallium
En 1862, Claude-Auguste Lamy, alors professeur à la faculté des sciences de Lille, entreprit l’isolement du thallium, un élément chimique récemment découvert par spectroscopie. Utilisant un spectroscope prêté par son beau-frère, le chimiste Jules Frédéric Kuhlmann, Lamy analysa des résidus de la production d’acide sulfurique, où il détecta une ligne spectrale verte caractéristique du thallium.

Pour isoler le métal, Lamy employa des techniques d’électrolyse sur les résidus contenant du thallium. Après plusieurs étapes de purification, il réussit à obtenir 14 grammes de thallium métallique, une quantité significative pour l’époque. Il présenta cet échantillon lors de l’Exposition internationale de 1862 à Londres, où sa pureté et sa masse attirèrent l’attention de la communauté scientifique.

Cette réalisation permit à Lamy de revendiquer la co-découverte du thallium aux côtés de William Crookes, qui avait initialement identifié l’élément par spectroscopie en 1861 mais n’avait pas réussi à l’isoler en quantités comparables. La capacité de Lamy à produire du thallium métallique en quantité notable renforça sa réputation dans le domaine de la chimie et illustra l’importance de l’isolement physique des éléments pour confirmer leur existence.
Le thallium est un élément chimique toxique utilisé dans divers domaines industriels et médicaux. Dans l’industrie, il intervient dans la fabrication de verres spéciaux à haut indice de réfraction, de cellules photoélectriques et de détecteurs de rayonnement gamma. En médecine nucléaire, l’isotope thallium-201 est employé pour les tests de stress cardiaque afin d’évaluer la perfusion myocardique. Cependant, en raison de sa toxicité élevée, l’utilisation du thallium est strictement réglementée, et son emploi dans les rodenticides et insecticides a été interdit dans de nombreux pays.
Contributions et affiliations
Lamy était membre de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille et a présidé la Société française de chimie de 1873 à 1878. Il a également siégé au conseil d’administration des Établissements Kuhlmann, fondés par son beau-père, de 1870 jusqu’à sa mort en 1878.
Vie personnelle
Claude Auguste Lamy était le gendre de Frédéric Kuhlmann, un chimiste et industriel français de renom, fondateur des Établissements Kuhlmann en 1825.
Décès
Lamy est décédé le 20 mars 1878 à Paris, laissant derrière lui un héritage significatif dans le domaine de la chimie, notamment par sa co-découverte du thallium et ses contributions à l’enseignement des sciences en France.
Il est enterré au Cimetière de Ney (chapelle Lamy).

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