Alexandre Eugène Neveux, né le 17 mars 1805 à Montier-en-Der (Haute-Marne), a eu une carrière administrative marquée par son ascension dans les rouages préfectoraux de la France du 19e siècle. Issu d’un milieu modeste, il est le fils du directeur des postes de son village natal. Il est marié à Joséphine Anne Barbe Greiner (la fille du Baron Greiner), ils n’auront pas d’enfants.
Il débute comme chef des bureaux de la mairie du troisième arrondissement de Paris, poste qu’il obtient grâce à sa participation aux journées de Juillet 1830. Ce début modeste dans l’administration parisienne est suivi de nombreuses demandes d’avancement, souvent appuyées par des figures influentes telles que son beau-père, le baron Greiner, ancien colonel d’artillerie de la Garde impériale.
Après plusieurs recommandations et pressions, il est nommé conseiller de préfecture du Loir-et-Cher en 1838, puis sous-préfet de Châteaulin en 1839. Sa carrière le mène ensuite à des sous-préfectures plus importantes, telles que Saverne, où il gagne en réputation en favorisant les candidats du gouvernement. En 1843, il est fait chevalier de la Légion d’honneur et adopte le titre de baron hérité de son beau-père.

Nommé préfet de la Gironde en 1848, dans une période politiquement instable, il jongle habilement entre le soutien aux idéaux républicains et la complaisance envers la bourgeoisie conservatrice de Bordeaux. Cependant, sa position devient difficile lorsqu’il est confronté aux forces bonapartistes et républicaines locales. En 1851, en dépit de ses efforts pour satisfaire le gouvernement, il est révoqué et remplacé par le futur célèbre préfet Haussmann.
En 1863, après avoir perdu tout espoir de retour dans l’administration, Neveux demande vainement le titre de préfet honoraire. Sa carrière illustre les défis de l’administration sous la monarchie de Juillet, la Seconde République et le Second Empire, et montre comment les alliances politiques influençaient les nominations et les évictions de l’époque.
Il décèdera finalement le 27 mars 1894 au 32 boulevard des Invalides à Paris. Il donnera 10.000 francs (soit 4 millions d’euros d’après l’INSEE qui prend en compte l’inflation) au bureau de bienfaisance de Montier-en-Der. Il donnera également à l’église de St-Fargeau 5000 francs pour l’entretien du caveau familial dans le cimetière communal de Saint Fargeau-Ponthierry et la célébration d’une messe chaque année à l’intention de sa famille.

Références
- Registres paroissiaux et d’état-civil de Montier-en-Der, Archives Haute-Marne, p134
- Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, tome 3 n°3, 1954. – Un exemple de carrière administrative dans la première moitié du siècle dernier : le baron Neveux, préfet de la Gironde de 1848 à 1851, Persée
- https://www.geneanet.org/archives/ouvrages?action=detail&book_type=livre&livre_id=1649997&page=275&name=NEVEUX%2C&with_variantes=0
- https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62277173.image.r=NEVEUX.f14.hl
- https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30628100/f774.item
- https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76236450/f1.item.r=NEVEUX.zoom
- Registres d’état-civil de Paris, Archives de Paris, p5 (mariage)
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